Le Parti Pris

Assa Traoré et Rokhaya Diallo au secours du RN

Marine Le Pen, ces temps-ci, peut se faire discrète. Elle dispose en effet de solides alliés qui lui préparent le terrain pour les présidentielles de 2022 sans qu’elle ait besoin de rien dire. Je veux parler de ces médias et ces politiques qui ont complaisamment relayé la propagande du comité « La Vérité pour Adama ». La « vérité », en l’occurrence, on commence à la connaître s’agissant des moeurs de la famille Traoré : viol à la fourchette, escroquerie sur personnes vulnérables, polygamie, autant de « détails » dont les identitaires peuvent faire leur miel pour dénoncer les méfaits de l’immigration. Il ne suffit pas de dénoncer la fachosphère et de se dire anti-raciste : encore faut-il éviter de pousser dans les bras des nationalistes les Français qui ne demandent rien d’autre à leurs concitoyens issus de l’immigration que de s’intégrer et de respecter les lois.

L’utilisation par Assa Traoré et ses soutiens de la lutte contre le soi-disant « racisme institutionnel » n’est qu’un paravent destiné à masquer le peu de crédibilité de la mise en cause de gendarmes qui, quelques erreurs ou négligences qu’ils aient éventuellement pu commettre, ont de toute évidence fait leur travail du mieux qu’ils pouvaient pour interpeller d’authentiques malfaiteurs. Qu’il y ait du racisme en France et dans la police, on ne saurait le contester. Le racisme, quand on appartient à une « minorité visible », on y est nécessairement un jour ou l’autre confronté. Mais quel Français non imprégné d’idéologie peut sérieusement croire que l’État, en France, est raciste, que la police, la gendarmerie et la justice, en tant qu’institutions, sont racistes ?

Les égéries de cette théorie fumeuse que sont Assa Traoré et Rokhaya Diallo ne peuvent que susciter une légitime indignation chez la majorité de nos compatriotes, toutes couleurs de peau confondues, dont le grief principal porté contre les institutions concernées est généralement qu’elles ne les protègent pas suffisamment des voyous. L’efficacité médiatique d’Assa Traoré tient davantage au choc des photos, sa prodigieuse tignasse afro à la Angela Davis, qu’au poids de ses mots, qu’elle énonce sur un ton monocorde pour ânonner mécaniquement quelques formules stéréotypées dénonçant le « système répressif de la France raciste ». Du moins a-t-elle l’excuse d’une colère que l’on peut comprendre.

Ce n’est pas le cas de Rokhaya Diallo, qui a l’impudence de comparer dans la presse américaine l’affaire Adama Traoré avec la mort de Georges Floyd, dénigrant son propre pays, coupable à ses yeux de résister à l’importation du « discours sur la race ». On ne saurait dire si la complaisance médiatique dont elle bénéficie lui donne tort ou raison : il est en effet possible de s’étonner qu’un pays structurellement raciste offre autant d’espace d’expression à une personne de couleur qui dénonce le racisme structurel; ou bien au contraire de s’indigner du racisme inconscient et condescendant qui conduit à inviter sur les plateaux de télévision une personne noire pour parler au nom des Noirs, comme si ceux-ci n’avaient pas d’individualité, ne disposaient pas du cerveau nécessaire pour penser par eux-mêmes et concevoir des idées divergentes.

Au lieu de mettre en cause l’idée de l’universel promue par la République française, Rokhaya devrait méditer la leçon de Richard Wright, l’immortel auteur de Black Boy, qui avait eu, lui, ayant vécu sa jeunesse avant-guerre dans l’Amérique sudiste, une authentique expérience du racisme, et qui déclarait avoir trouvé en France la liberté qu’autorisait le naturel des relations entre Blancs et Noirs. Peu avant sa mort, il délivrait encore cette profession de foi universaliste que nous devrions faire nôtre : « La couleur n’est pas ma patrie. Je suis un être humain avant d’être un Américain; je suis un être humain avant d’être un Noir et si je traite des problèmes raciaux, c’est parce que ces problèmes ont été créés sans mon consentement, sans ma permission. Je suis opposé à toute définition raciale. Si j’écris sur les problèmes raciaux, c’est précisément pour mettre fin aux définitions raciales. Et je ne souhaite pas que qui que ce soit dans le monde où nous vivons se place à un point de vue racial, qu’il soit blanc, noir ou jaune. »

Ne laissons pas les faux anti-racistes nous imposer à nouveau, sans notre permission, les définitions raciales.

3 Commentaires

  1. Merci pour cette mise au point percutante.
    Je ne remets pas en cause la mauvaise foi des militants des mouvements que vous citez, il me semble qu’elle est hélas réelle (je me demande dans quelle mesure tout militantisme ne prédispose pas à la mauvaise foi, mais c’est une autre question).
    Cependant, j’émets l’hypothèse qu’il peut y avoir un malentendu sur les expressions « racisme institutionnel » et « racisme structurel » (comme d’ailleurs sur l’expression « violence(s) policière(s) » :
    Si vous traduisez ces expressions par « racisme de l’institution (police, justice, voire État) en tant qu’institution », en effet, on peut dire que ce ne sont pas les bons termes, puisque ce sont bien des personnes, à l’intérieur de ces institutions, qui sont racistes, et ces institutions elles-mêmes ne le sont pas structurellement, pas fondamentalement. Néanmoins, on ne peut sans-doute pas ramener non plus le racisme au sein de ces institutions à une conjonction fortuite de comportements individuels malencontreux, ce que peut tendre à faire imaginer le discours qui insiste sur la distinction entre « racisme DE la police » et racisme DANS la police ». Il y a bien un contexte, en rapport avec le métier de policier, qui risque d’induire, encourager, pérenniser, des formes de racisme. Je crois que c’est contre ça qu’il faut lutter, sans idéologie ni parti-pris, pas (seulement) par l’élimination de quelques « brebis galeuses », mais bel et bien par des actions au niveau de l’institution (disons « de la part de l’institution », puisqu’en effet elle n’est pas raciste en tant que telle), afin de créer et entretenir un « esprit » non raciste via la communication interne, les formations etc.

    1. Vous avez tout à fait raison : si le racisme n’est pas institutionnel dans la police, on ne peut pas nier que ce n’est le juste le fait de quelques individus isolés. Il y a une certaine complaisance au niveau des hiérarchies.
      Cela doit être à combattre en effet, mais en jouant sur les deux côtés !
      Un de mes amis s’étonnait et s’inquiétait, récemment, du fait qu’une majorité d’électeurs dans la police votent au RN. Ce n’est pas bien, qu’il disait.
      D’accord, peut-être, il n’empêche que pour rentrer de la police il n’y a pas de filtrage politique…. si un majorité d’électeurs dans la police vote RN, c’est qu’une majorité de RNistes y postule.
      Alors quoi, on va s’étonner que des gauchistes pacifistes ne soient pas intéressés par être payés une misère pour « s’occuper de la merde » ? Est-ce vraiment étonnant que seuls des « identitaires » aient à cœur les problèmes de violence, de délinquance qui minent la société française ?
      Quand une majorité en prison est constituée de personnes originaires de l’immigration, faut il vraiment s’étonner des dérives racistes de la police ?
      On leur coupe les moyens d’action dans la dignité de leur fonction, faut il s’attendre – en plus – à ce qu’ils se taisent et se comportent de façon irréprochable ?
      Si on veut assainir la police, il faut renforcer le respect et le civisme à l’égard de TOUT citoyen, quelque soit son origine ethnique, oui, mais aussi dans ce cas augmenter les moyens et possibilités de réponse de la police face à une jeunesse rebelle, délinquante, criminelle qui se sent pousser des ailes d’impunité, couverts qu’ils sont par les médias, les artistes bobos, et surtout… la justice.
      Être d’une extrême dureté avec les « ennemis de la République française » au lieu de chercher en permanence à les excuser et leur pardonner.

  2. Excellent texte. Je souscris à tout.
    Et je le partage sur mon mur Facebook et ma story pour mes 1400 amis.

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